Contrairement à l'objection un peu simpliste que
pourrait susciter, à priori, cet axiome, il n'y
a pas de paradoxe dans l'énonciation de cette
vérité.
L'élevage doit avoir pour but, non seulement de
maintenir le degré d'amélioration atteint dans
un troupeau, mais, si possible, d'améliorer
encore celui-ci afin de se rapprocher davantage
de la perfection, de l'exploiter plus
économiquement, et d'en tirer un meilleur
profit.
Pour arriver à ce résultat, il faut que les
agneaux se développent d'une manière régulière
et continue, sans que jamais leur croissance
soit arrêtée.
On ne saurait donc les entourer de trop de
soins, il faut veiller sur eux avec une
attention constante, dès leur naissance.
La saison de l'agnelage est commandée par des considérations
à la fois agricoles et économiques.
Mais, en fait, sous nos climats, on fait naître dans trois
saisons : printemps, été et hiver.
Cela montre, évidemment, que l'éleveur obtient des agneaux à
l'époque qu'il choisit et, en réalité, dans certains
troupeaux, il naît des agneaux durant tout-le cours de
l'année, selon le besoin.
A l'accouplement qui a
eu lieu en juillet, correspond l'agnelage d'hiver, lequel
dure un mois environ et s'échelonne sur cette période.
La moindre durée de la gestation étant de 140 jours, il faut
préparer l'agnelage de manière qu'on puisse recevoir les
agneaux dès que ce nombre de jours est écoulé: après le
moment où a commencé l'accouplement.
"Quels moyens employer pour que les brebis d'un même
troupeau agnèlent toutes à la même époque, à quelques jours
de distance seulement ?".
Pour répondre à cette question, il faudrait d'abord
envisager l'homogénéité du troupeau,
au doublé point de vue de la race et de l'âge.
Si, par exemple,
le troupeau est composé de brebis de même race et
d'âge moyen, de 18 mois à 5 ans au maximum, l'agnelage doit,
normalement, se produire à la même époque.
Il n'en serait pas de même si les brebis n'étaient point de
même race, ou si le troupeau comprenait, en nombre plus ou
moins important, des brebis âgées.
En effet, il est reconnu que les races comme la Southdown ne
prennent le bélier qu'aux premiers froids.
Si l'on a un troupeau composé, pour une partie, de brebis
berrichonnes, et, pour l'autre partie, de brebis demi-sang
Southdown, les brebis françaises prendront facilement le
bélier fin août, alors que les brebis issues du croisement
ne le retiendront qu'au commencement d'octobre.
Quant à l'âge, on sait que les vieilles brebis sont plus
tardives pour entrer en chaleur que les jeunes brebis.
La préparation de l'agnelage doit être précédée du nettoyage
de la bergerie, de l'apport d'une litière fraîche et
abondante et de parcs pour loger à part les agneaux et les
mères dont la parturition a été laborieuse.
Il faut éviter
les refroidissements et les courants d'air.
Il faut d'abord isoler les brebis dans des
compartiments spéciaux, leur donner des aliments
suffisamment nutritifs sans être trop
volumineux, éviter les denrées avariées,
moisies; trop aqueuses
où trop froides, ainsi que les fatigues, les
pressions, les bousculades aux portes de la
bergerie, et enfin les visites intempestives.
...
s'il y a nécessité absolue, en cas de fausse
présentation de l'agneau, part tumultueux,
c'est-à-dire présentation anormale du foetus.
Dans ce cas, il est prudent d'avoir recours au
vétérinaire.
Donner alors à la parturiente une boisson
composée d'eau de son, de guimauve ou de 60 à 80
grammes de tourteau d'oeillette dissous dans un
litre d'eau tiède.
En cas de parturition languissante, la brebis
étant faible, faire prendre à celle-ci un
breuvage stimulant, par exemple un peu de vin.
Veiller à ce que toutes les brebis qui ont mis
bas délivrent de l'arrière-faix (enveloppes
foetales).
Premiers soins aux agneaux : enlever les
mucosités dont le nez et la bouche sont
imprégnés, puis mettre l'agneau et sa mère dans
un compartiment spécial, de peu d'étendue.
Donner à la mère une ration fortifiante,
surveiller l'allaitement.
Tant que le pis n'est pas désempli, il faut
tenir la brebis attachée afin que l'agneau
puisse téter.
En cas de portées doubles, donner alors un des
agneaux à une mère qui n'en a plus.
...
fréquentes, et sont d'autant plus profitables au
développement dé l'agneau que les rations des
mères sont plus riches en substances azotées, en
substances grasses et en matières minérales,
surtout en acide phosphorique.
Quand le lait d'une brebis fait défaut, on peut
donner du lait de vache distribué au biberon.
Les agneaux l'acceptent, quoiqu'il soit moins
riche en éléments nutritifs, comme le montrent
les chiffres comparatifs suivants :
Le lait de brebis est plus concentré.
Il est deux fois
plus riche en matière azotée et en matière
grasse que le lait de vache.
L'agneau nourri au lait de vache recevra un
complément, par addition d'aliments riches en
azote et en matière grasse.
Dans
ce cas, il y a lieu de recommander le thé de
foin ou tel autre breuvage riche en matière
azotée.
Distribuer le lait de vache à la température de
36 à 38 degrés, d'abord coupé d'eau sucrée et
administré au biberon, donner ensuite du lait
pur.
Pendant la première semaine d'allaitement,
ajouter à la ration habituelle des brebis mères
quelques poignées de son, de farines, de
légumineuses, de pois concassés
ou de tourteau broyé avec un peu de sel.
Enfin, ne négligez pas les règles de l'hygiène.
Rustica - Henri Blin - 9
Décembre 1951
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La
surveillance de l'Agnelage.
L'avenir
du troupeau est sous la dépendance immédiate des
agneaux.
La
préparation de l'agnelage.
Une
fermière nous pose cette question :
Surveillez
la parturition.
Faciliter
avec douceur la mise bas ...
Après
la parturition: soins aux mères et aux agneaux.
Les
tétées se succèdent ...
Lait de Brebis
Lait de Vache
Pour 100
Pour 100
Eau
...................................
78,4
87,5
Caséine (matière azotée)
9,0
3,8
Matière grasse
................
7,6
3,5
Sucre de lait
....................
4,4
4,6
Sels
..................................
0,6
0,6
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