L'Ane sauvage d'Abyssinie est un grand
animal.
Sa robe est isabelle, avec une croix foncée,
formée par une ligne dorsale et une ligne
transversale coupant la première aux épaules.
Il a de plus les jambes barrées de lignes
foncées, qui lui ont fait donner le nom d'Âne
aux pieds bandés.
Un autre Âne sauvage découvert dans le
pays des Somalis, est gris souris, mais toujours
avec la croix dorsale et les pieds bandés.
C'était eux que les anciens désignaient sous le
nom d'Onagres.
Le berceau de la race asine est le Nord-est
africain et c'est certainement de la haute
Égypte et d'Abyssinie que les Égyptiens ont tiré
leur Âne domestique, qui est resté le plus
élégant de la famille.
L'ânier égyptien, stationnant au Caire,
le long des voies publiques, avec son coursier
sellé et bridé, représente là-bas les cochers de
fiacre et les gondoliers de Venise.
Le véhicule qu'il offre aux touristes est un
assez grand animal, mesurant de 1 mètre à 1 m
30.
La tête est longue, ce qui le différencie
notamment des Ânes d'Europe, à tête courte.
Cette disposition crânienne a classé les deux
types.
Si un long et dur esclavage a ratatiné pour
ainsi dire, celui qui est devenu l'Âne du
pauvre, la race n'en est pas moins belle et
grande dans les pays où on fait l'élevage en vue
de la reproduction.
Les Ânes du Midi (Gascogne) et ceux du
Poitou
sont d'une taille qui varie de 1 m 40 à 1 m 50 pour
les premiers et de 1 m 50 à 1 m 50 pour les seconds.
Celui de Gascogne a un poil court et les formes sont moins
trapues que chez le Poitevin.
Ce dernier est surtout élevé en vue de la production du
Mulet, et atteint par là une grande valeur chez les sujets
irréprochables.
L'animal représenté sur la planche ci-jointe, le fameux
Bacchus, primé dans tous les concours où il parut, est
estimé 30.000 francs, ce qui est un joli denier.
L'étalon mulassier, plus spécialement désigné sous le
nom de Baudet, est trapu, a des membres volumineux,
une tête forte.
Sa robe est foncée, du bai brun au noir, avec le bout du nez
gris, ainsi que le tour des yeux et le dessous du ventre.
Son poil est bourru, long, avec de grandes mèches se
feutrant en tire-bouchon.
Ce poil abondant et mal peigné, formant par endroits des
plaques qui battent les flancs et les jambes comme des
sabretaches, est un des signes distinctifs du Baudet et il
est très estimé par les amateurs.
Pour rien au monde l'heureux propriétaire d'un étalon réussi
comme Bacchus ne voudrait le voir dépouillé de ses longues
mèches.
Le centre de l'élevage des Baudets est le département des
Deux-Sèvres.
Le ci-dessus mentionné Bacchus appartient à un étalonnier de
Saint-Rémy, près de Niort.
Comme nous le disions, l'unique fonction du
Baudet, à
laquelle il doit sa grande valeur, est la production du
Mulet par l'accouplement avec une Jument.
Ces croisements, qui sont obtenus avec de races diverses, ne
sont pas très homogènes et c'est ce qui explique que les
Mulets n'ont pas un type absolu, et qu'on ne peut guère les
classer.
Un beau Mulet, pour le connaisseur, est celui qui réunit
davantage les doubles caractères de l'Âne et de la Jument,
bien équilibrés
C'est ce qu'on appelle alors un Mulet bien fondu.
Par la tête , la crinière et le sabot, le Mulet se
rapproche de l'Âne dont il a généralement la couleur foncée.
Mais le poil est celui de la Jument, et la queue est plus
fournie que celle de l'Ane.
Les oreilles sont de demi-longueur entre celles des deux
races.
Il y a des Mulets à robe claire, plutôt méridionaux et
algériens.
Ils sont issus de l'Ane d'Égypte et de petites Juments.
Ils n'atteignent pas le développement de notre Mulet
poitevin.
"Têtu comme une Mule" dit-on volontiers.
Et pourtant, ce défaut est plutôt l'apanage du Mulet que de
la Mule, ce qui fait préférer cette dernière.
Forts, résistants, sobres, adroits et surs dans leurs
allures, les Mulets sont d'inappréciables auxiliaires dans
les pays montagneux.
Les services du train des équipages et de l'artillerie de
montagne sont assurés par des Mulets.
Le grand avantage du Mulet sur le Cheval est d'en pouvoir
faire un excellent porteur.
Un bon mulet de bât peut, dit-on, porter jusqu'à 300 kilos.
Pour la production de ces utiles animaux le croisement Ane
et Jument est toujours indispensable, les Mulets et les
Mules ne se reproduisant pas euxmême.
On cite comme des curiosités zootechniques les rares cas
qu'on a pu constater de Mules fécondes, mais toujours par
accouplement avec le Cheval, et non avec le Mulet.
Une Mule arabe, Catherine, qui a vécu au Jardin
d'Acclimatation pendant plus de 25 ans, a donné, avec un
étalon barbe, un fort beau produit, Kroumir, ressemblant
tout à fait au Cheval barbe.
Il mesurait 1 m 40 à l'épaule.
Ce Cheval a eu à son tour un produit avec une jument dont
nous donnons également la tête.
Mais des cas aussi exceptionnels confirment justement la
règle et ne permettent pas de compter jamais sur la
reproduction directe des Mulets et des Mules.
Il a pour père un Cheval et pour mère une Ânesse.
Plus petit que le Mulet, il ressemble plutôt à l'Âne qu'au
Cheval.
Il a toutefois la queue garnie entièrement de crins comme ce
dernier.
Peu connu chez nous, où son élevage ne présenterait pas
grand intérêt concurremment avec celui du Mulet, il est
surtout employé en Sicile, où il porte des fardeaux en
montagne.
Jardins & Basses-cours -
20 Octobre 1911.
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L'ancêtre
de ce pauvre hère est un fort bel animal dont la
noblesse et l'élégance nous montrent ce que nous
aurions pu faire de l'Ane, et ce qu'au contraire
nous lui avons fait perdre.
Les
races Européennes.
Le
Baudet et le Mulet.
Un
autre croisement des races asine et chevaline est le Bardot
ou Bardeau.
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