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Tout le monde a vu des chevaux, des vaches au pâturage,
brouter les jeunes pousses des haies de clôture.
Nos lecteurs nous écrivent souvent pour
nous dire leur désolation de voir le tronc de leurs pommiers
décortiqué par la dent des garennes et des lièvres.
Quand la chèvre est en liberté dans un taillis, elle ronge
d'abord les ramilles des buissons avant de brouter l'herbe qu'ils recouvrent.
On ne s’étonnera donc pas si nous disons que l'emploi des feuilles et des
ramilles des arbres et arbustes peut fournir des
ressources importantes pour assurer un appoint dans l'alimentation des animaux.
Les agriculteurs romains employaient déjà les feuilles d'arbres pour
nourrir leur bétail.
Au XVII° siècle, Olivier de Serres
conseille cette nourriture " laquelle le bétail aime
autant que l’avoine " dit-il.
Plus près de nous, Ch. Girard montre que les arbres
constituent une véritable prairie en l'air, car
leurs feuilles ont une composition voisine de la
luzerne.
Les feuilles fraîches de saule et d'aune dosent 8 % de matière azotée.
Celles de mûrier, de
robinier, d'orme, de
peuplier, de
tilleul 6 à 7 %.
Celles de noisetier, d'érable, de
frêne : 5 à 6 %.
De marronnier d'Inde, de
charme : 4 à 5 %.
De bouleau, les aiguilles de pin : 3 à 4 %.
Si on récoltait au printemps, on
arrêterait la croissance des arbres.
En récoltant à l'automne, le produit serait moins nutritif.
C'est donc en été qu'il convient de récolter la feuillée.
La récolte des feuilles et ramilles se fait sur les
haies de clôture, dans les taillis à bois de feu et
sur les arbres conduits en têtards, à l'aide
d'échelles, mais jamais sur les bois d'œuvre.
On emploie à cet effet les cisailles, la serpe, le
croissant, le sécateur emmanché.
- en Sologne, on récoltera : les bruyères,
- dans la Lozère, la Corrèze, sur les Causses: le
genêt à balai,
- en Bretagne : l'ajonc marin,
- en Provence, dans l’Afrique du Nord, en Corse : le
câprier, le
figuier de Inde, l'arbousier,
l'olivier, le
myrrhe, le
lentisque.
- dans les régions de vignobles : les sarments de
vigne
avant les pulvérisations.
Les chèvres, les moutons, les lapins décortiquent très
facilement la matière ligneuse des ramilles.
Les chevaux et les bovins en gâchent une partie.
Il est recommandé de réduire les ramilles en menus fragments
de 2
centimètres
à l'aide du broyeur d'ajonc ou du
hache-paille.
La mastication est ainsi facilitée, l'insalivation meilleure
et la digestion plus complète.
A proximité d'une brasserie on peut y ajouter 1 % de malt et
arroser le tout d'eau chaude.
En opérant dans une cuve, fermentation transforme l'amidon
en sucre, la masse s’amollit en 3 ou 4 quatre jours
et le bétail en est friand.
En récoltant ramilles et feuilles par beau temps, on peut les faire sécher
à l'ombre très rapidement pour servir d'aliment en
hiver aux moutons, aux chèvres et aux lapins en
mélange avec des orties également.
Il est bon de réserver
l'ajonc aux chevaux,
le
genêt aux bovins,
le
lierre aux chèvres ;
le
châtaignier aux moutons,
le
houx et la ronce aux lapins,
l'orme
aux porcs.
L'orme,
le frêne, le tilleul, le charme, le mûrier, le
saule, l’érable, l'aune peuvent être donnés à tous
les animaux.
La ration:
pour les bovins est de 7
kilos,
pour les chevaux : 3
kilos,
pour les moutons et les
chèvres : 500 grammes,
pour les lapins : 100
grammes.
Évitez le buis, l'ailante, le cytise, le nerprun, le
troène, le platane, le chêne, le laurier-rose, le
laurier-cerise et surtout l'if.
Rustica - 27 Juin 1948.
Ramilles
et feuilles d'arbres dans l'alimentation des
animaux.
Un
fait d'expérience.
Une
pratique ancienne.
Les
feuilles sont nutritives.
Quand
les récolter.




Comment
les récolter ?
Comment
les préparer.
Pour
l'hiver.
Quelques
précisions.
De
bonnes feuilles.