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Après
avoir connu un engouement exceptionnel,
jusqu'à la première guerre mondiale, les
volailles des races Cochinchinoises et
Brahma avaient, peu à peu, disparu des
basses-cours et des expositions
d'aviculture, pour ne plus subsister que
par quelques unités en France.
Puis, soudainement, il y
a quelques années, des amateurs de ces
magnifiques volailles se sont révélés, à
nouveau ; des importations d'Angleterre
et de Hollande ont eu lieu et on
commence à voir apparaître quelques bons
sujets.
Ils, sont malheureusement
encore trop peu nombreux, surtout au
point de vue qualité.
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Je dis malheureusement,
car ces oiseaux sont parmi les plus
beaux qu'un amateur puisse posséder et
tous ceux qui en ont élevé s'y sont
attachés el souhaitent, en général, en
posséder encore.
La raison principale de
la raréfaction de ces majestueux
volatiles tient au fait, qu'il faut bien
reconnaître, leur productivité médiocre.
Ce
sont, en général, des pondeuses très
moyennes, la croissance des jeunes est
lente, le squelette important, et la
qualité de chair nettement inférieure à
celle des races françaises :
Bourbonnaises,
Gâtinaises, Bresse, Caussade, etc …
Mais, par contre, ce sont
d'excellentes couveuses et meneuses, des
animaux très familiers, d'une taille et
d'un volume impressionnants, qui
flattent le propriétaire.
Voici
les principales caractéristiques de
chacune de ces deux races :
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LA
COCHINCHINOISE
... appelée communément « Cochin »,
est la plus massive.
Très près de terre, ses pattes et ses
tarses fortement emplumées, lui donnent, avec le
plumage bouffant des cuisses, un aspect ramassé et
compact, bien particulier.
Il
est admis que cette race est originaire du Tonkin.
Les
premiers sujets en auraient été rapportés à la reine
Victoria d'Angleterre, par l'amiral Cécile, revenant
de mission en Extrême-Orient.
Ils furent l'objet d'une grande
curiosité à la Cour et reçurent des soins tout
particuliers.
L'engouement fut immense pour ces
grosses volailles d'un aspect inhabituel, et leur
diffusion fut rapide, d'abord en Angleterre, où il
en existe encore de nombreuses variétés, puis sur le
continent. +
Actuellement, il n'y a que peu
d'amateurs de la race en France, une partie des
souches ayant à peu près disparu pendant les deux
guerres et les nouveaux éleveurs ont fait, pour la
plupart, appel aux importations.
Le
type original est noir, mais il existe des variétés
jaunes, bleues, perdrix, coucou, chamois et
blanches.
Ce sont les noires, les jaunes et les
perdrix qui, en général, sont les plus typées.
La Cochinchinoise est une grosse
volaille à pattes jaunes, ainsi que les tarses et le
bec.
Le cou est court et incliné en avant,
le port est calme et lent ;
les lignes générales de l'animal sont
arrondies.
Le dos et les reins sont courts et
larges, la poitrine est abondamment garnie de plumes
duveteuses ;
la queue est petite et portée presque
horizontalement.
Les tarses sont abondamment garnis de
plumes bouffantes, ce qui contribue à faire paraître
l'animal encore plus large, lourd et bas qu'il n'est
en réalité.
Les
poids moyens sont de 3 à 3kg,500 chez le coq et de
4 à 4kg,500 chez la poule.
La ponte de cette dernière est d'une
centaine d'œufs, annuellement.
Les poussins cochinchinois s'élèvent
bien.
Mais, comme leur croissance et leur
emplumage sont assez lents, il est bon de leur
distribuer de bonne heure une alimentation riche en
phosphates et en protéines animales et de les
protéger de la pluie pendant les deux premiers mois
de leur existence, surtout pour les couvées de
février à avril.
Il
y a lieu d'attendre six à huit mois, avant de
consommer les poulets, dont le fort squelette serait
insuffisamment garni de chair, avant ce délai.
LA
BRAHMA-POOTRA
… a joué un grand rôle dans la
formation de certaines des grandes races répandues à
l'heure actuelle : Sussex, Bourbonnaise, Faveroles,
Bourgbourg, coucou de Malines.
Le
type parfait de la race est le blanc herminé.
C'est une grasse volaille à tarses
emplumés, avec bec, peau et pattes jaunes.
Le port est plus vertical que celui
de la Cochinchinoise.
Le corps est massif, profond et porté
horizontalement.
La crête est triple.
Les
poids varient entre 4kg,250 et 4kg,750,
chez la poule, et le coq peut atteindre jusqu'à 6
kilos, le squelette comptant pour une part assez
importante dans ces chiffres.
Malheureusement, les poids ont
tendance à s'amenuiser et il est très rare,
actuellement, de trouver des Brahma aussi lourdes
qu'elles devraient l'être.
La
poule Brahma est extrêmement rustique et réussit
sous tous les climats.
Bien qu'un peu maladroite; elle peut
mener 20 poussins sans difficulté ; c'est un animal
familier et très
doux dont la ponte oscille autour du
chiffre de 120 œufs par an.
Il est à noter qu'elle pond une
partie de l'hiver.
Comme
pour la Cochinchinoise, les poulets nécessitent un
élevage d'au moins six mois avant d'être consommés,
sous peine de n'avoir qu'une énorme carcasse
dégarnie de viande.
Mais avec une nourriture finale riche
en farineux et en laitage ils prennent bien la
graisse et peuvent fournir des pièces
impressionnantes.
Le plumage du Brahma est moins
bouffant, plus serré que celui du Cochin.
Il existe également une variété, dite
« inverse »,
très rare en France.
Le coq a le camail blanc avec rayures
noires, le plastron noir, le dos noir avec blanc
entre les épaules.
La poule a l'ensemble du corps gris
foncé sur gris clair.
En
résumé, les deux races ci-avant décrites ne sont pas
indiquées pour une exploitation industrielle
avicole, mais l'amateur ou le petit éleveur qui
apprécient les beaux sujets auront de grandes
satisfactions dans leur élevage.
Recommandation importante pour
terminer : ces sujets ayant les pattes abondamment
emplumées il est indispensable de les maintenir sur
des sols secs et, par très mauvais temps, de les
fermer dans un local garni d'une litière sèche pour
éviter que les plumes basses des pattes
s'agglutinent, s'abîment et que l'animal ne perde
ainsi une partie de son allure caractéristique.
R.
GARÉTTA. Le Chasseur Français -
Février 1959.
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