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Mise
en présure et en moules.
Il y a
d'innombrables variétés de fromages de chèvre, au moins un
par région.
Exemple :
Les Chabichou
poitevins, les Cabécous de l'Aveyron, les Levroux pyramidaux
du Bas-Berry, les Sainte-Maure cylindriques de Touraine, les
Chevrotins de Haute-Savoie, les Pélardons du
Gard, etc.
Avec de très
légères variations, la fabrication est la même.
Ce qui diffère
surtout, c'est la forme et le degré d'affinage mais, faute
de marchés suffisants sur place pour la vente de vos
fromages, ce qu'il faut connaître d'abord pour trouver le
meilleur placement en gros aux halles d'une grande ville,
c'est la forme préférée; ainsi que l'état de maturation du
produit : frais, demi-sec, sec, bleui, affiné en cave, etc.
Voici
une indication générale dont nous sommes redevables à
M.Baudoin, président du syndicat des mandataires à la vente
en gros des fromages aux Halles centrales de Paris.
« Maintenant Paris écoule un tonnage extrêmement important
de fromages de chèvre dont la qualité et la finesse de goût
s'est imposée près des consommateurs.
On peut toutefois regretter que la solution de continuité
qui se produit dans la production du lait de chèvre ait
conduit certains fabricants, souvent fermiers et encore plus
souvent industriels, à inventer le mi-chèvre
qui, à certaines périodes de l'année, ne contient guère que du
lait de vache mélangé.
Il en résulte des fromages de beaucoup moins bonne qualité
qui auraient tendance à faire tort à la bonne réputation des
fromages pur chèvre.
Personnellement, je conseille aux meilleurs producteurs de
fromages de chèvre de cesser complètement la fabrication
pendant trois ou quatre mois, plutôt que de produire des
fromages inférieurs. »
Notions
de base.
Le fromage est extrait du lait dont il convient de
connaître la composition moyenne.
Voici celle du lait de chèvre :
|
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Caséine (matière première du fromage) |
4,06 |
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Crème |
5,14 |
|
Lactose |
5,28 |
|
Sels minéraux |
0,58 |
|
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-------- |
|
|
15,06 |
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Eau |
84,94 |
|
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En agissant sur ce complexe au moyen de la présure, on
coagule la caséine, partie azotée du lait, ce qui la sépare
du petit-lait liquide.
En se coagulant, la présure enrobe la plus grande partie de
la crème, un peu du lactose qui permettra, plus tard, à la
fermentation lactique de s'établir, à la maturation de se
faire.
La présure est une préparation établie par des chimistes en
partant de la caillette (quatrième estomac du veau ou du
chevreau).
La quantité à employer est généralement indiquée sur la
bouteille mais il faut bien se pénétrer des principes
suivants :
a) la coagulation est d'autant plus rapide que le lait est
plus acide et que sa température est plus élevée;
b) à une coagulation rapide correspond un caillé dur et
moins fin.
Donc, essayer la rapidité de la présure
en se basant sur les
indications du fabricant, sans toutefois les suivre
servilement.
Un certain nombre de gouttes, diluées dans une
demi-tasse ou une tasse d'eau pour 1 litre de
lait, seront d'abord expérimentées.
Bien remuer le mélange durant quelques minutes, puis
laisser reposer et observer le temps requis pour la
coagulation parfaite.
Pour un bon fromage de chèvre, le caillé ne doit guère être
terminé avant une durée de 12 heures.
S'il se produit avant ce laps de temps, diminuer la
prochaine fois le nombre de gouttes.
Si, au contraire, la coagulation est trop tardive,
augmenter les gouttes ou réchauffer légèrement le lait au
départ.
Un autre moyen consiste à utiliser du petit-lait de la
veille pour diluer la présure.
On propage ainsi les bactéries lactiques qui acidifiant le
lait, favorisent la coagulation.
On reconnaît que l'opération est terminée quand la masse
entière se décolle du vase sur le tour et s'enfonce un peu
dans le petit-lait qui surnage légèrement.
Moulage
et égouttage.
C'est alors le moment de mettre le caillé dans les moules
choisis dans les formes les plus demandées au lieu de vente.
Avec une écumette, on prend le caillé par petites couches
et on le place dans les moules.
Le caillé s'égoutte d'autant plus vite que la température
est plus élevée.
Lorsqu'il fait très chaud, l'égouttage peut être trop
rapide, c'est-à-dire qu'une partie du caillé est entraînée
avec le petit-lait.
Par temps froid, au contraire, l'écoulement est très lent
et si cet égouttage ne se fait pas dans une chambre un peu
chaude, le petit-lait peut rester dans le caillé : le
fromage est alors difficile à faire.
La température a une grande importance pour la séparation
du caillé et du petit-lait.
Seule, une pratique assez longue permet d'obtenir les
meilleurs résultats.
Rendement.
Les rendements varient avec la saison, l'alimentation de la
bête, la température et le savoir du fromager.
On admet généralement que 8 litres de lait doivent donner 1
kilo de fromage.
Mais il peut y avoir des écarts assez considérables, ces
écarts sont produits principalement par la richesse plus ou
moins grande du lait en crème, car l'extrait sec ou matière
composant le lait quand on a enlevé l'eau varie suivant les
variations de la crème.
Par
exemple :
Avec du lait riche à 3 % de matières grasses : 8,3 % de
fromage.
Avec du lait riche à 3,5 % de matières grasses : 9,45 % de
fromage.
Avec du lait riche à 4 % de matières grasses : 10,5 % de
fromage.
Avec du lait riche à 5 % de matières grasses : 11,74 % de
fromage.
Le rendement en fromage n'est cependant pas exactement
proportionnel à la teneur du lait en matières grasses : 1,00
litres de lait à 6 % ne donneront pas 2 fois autant de
fromage que 100 litres à 3 %, parce que la teneur en caséine
n'augmente pas autant dans le lait que la matière grasse.
Rustica - 18 Mai 1952.
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