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L'engraissement des oies, comme celui des canards mulards, ne commence
guère avant le début de décembre car sa durée
n'excède pas, en général, 3 semaines et il a pour
but de préparer les sujets pour les ventes de fin
d'année.
Lorsqu'on parle de l'engraissement des oies, beaucoup de personnes
s'imaginent qu'il a seulement pour but la production
des foies gras.
Or, il faut distinguer entre l'engraissement ordinaire qui permet de
donner aux sujets une meilleure présentation et de
leur faire gagner 1.000 ou 1.500 grammes et le
gavage forcé pour l'obtention des foies gras.

L'engraissement.
Il consiste simplement à enfermer les oies ou les canards, pendant 15 jours
ou 3 semaines, dans une pièce à demi obscure aussi
tempérée que possible et à les nourrir abondamment
pendant toute cette période.
Bien entendu, les sujets destinés à l'engraissement doivent être en
parfaite santé car non seulement un sujet malade ou
simplement déficient n'engraisse pas lorsqu'il est
maintenu en captivité, mais, au contraire, la
claustration ne fait souvent qu'accentuer son état
de misère physiologique.
Les sujets choisis pour l'engraissement sont parqués dans un réduit
faiblement éclairé, à raison d'une oie par mètre
carré ou de trois gros canards pour 2 mètres carrés
car ils n'ont pas à prendre, bien au contraire,
beaucoup d'exercice.
Le sol doit être recouvert d'une épaisse litière pour préserver de
l'humidité.
En général on ne renouvelle pas cette litière pendant la période
d'engraissement, on se contente de la recouvrir
d'un peu de paille fraîche quand on juge qu'elle est
sale.

L'alimentation des sujets à engraisser doit être composée uniquement de
pâtées ainsi préparées :
-Recoupe du son ……………… 1 partie
-Farine d'orge ou de maïs… 2 parties
Cette pâtée doit être légèrement salée (environ 30 grammes de sel pour 10
kilos de pâtée pesée sèche).
On l'humecte fortement, de façon qu'elle devienne très friable, soit avec
de l'eau tiède, soit avec du petit-lait.
On peut y ajouter également un peu de verdure hachée et, de préférence,
des orties.
Mais cela en quantité très modérée, car il faut que les oies et les
canards à l'engrais mangent surtout des aliments
très nutritifs.
Enfin, lorsqu'on a la chance de disposer d'un peu de maïs, grain très rare
à l'époque actuelle, on peut en faire cuire et en
la
donner 50 grammes par sujet tous les 3 repas, de
façon à exciter l'appétit des animaux soumis à
l'engrais.
La question importante est
que les oies
et canards mangent
le plus possible et,
pour cela, il faut multiplier le nombre des repas
(5 à 6 par jour) et ne donner à chacun d'eux que ce
qui peut être absorbé en l'espace d'une ½ heure par
exemple.
La pâtée doit être répartie dans de nombreuses augettes, de façon que tous
les sujets puissent manger en même temps.
Bien entendu, chaque augette doit avoir à côté d'elle un abreuvoir rempli
d'eau pure.
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Le Gavage.
Le gavage n'est pratiqué que dans certaines régions, comme le Périgord et
le Midi de la France où il donne lieu à une
véritable industrie qui a pour but de produire ces
magnifiques foies gras que nous connaissons tous.
Je dois dire qu'il ne peut pas être fait par tout le monde, car il exige
une certaine expérience pour donner le maximum de
résultats.
Dans le Midi, on emploie
le mais et les
sujets sont gavés à l'entonnoir.
Il s'agit d'un entonnoir spécial appelé « embuc » dont le tube taillé en
biseau est garni d'un bourrelet de plomb de façon à
ne pas blesser l'animal lorsqu'on lui introduit cet
entonnoir dans le bec.
Le maïs est versé dans l'entonnoir et la descente en est facilitée à
l'aide d'un petit bâtonnet pour pousser les grains.
D'autre part, on masse doucement de haut en bas le cou de l'oie soumise au
gavage pour accélérer la descente des grains.
La quantité de grains à donner à chaque opération varie suivant la
capacité d'absorption de chaque animal.
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On arrête simplement l'opération lorsque le jabot est complètement plein
et l'on fait alors boire, à l'oie ou au canard
soumis à ce traitement, un verre ou un ½ verre d'eau
tempérée très légèrement salée.
Lorsque les oies soumises au gavage ne peuvent plus se remuer, on les
sacrifie alors pour vendre
les
foies séparément.
On arrive assez facilement ainsi à obtenir des foies de 700 à 800 grammes.
Rustica - 16 Novembre 1941.
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