Ce n'est qu'à
3 ans qu'il atteint son
développement et qu'il revêt sa parure complète.
Il devient alors extrêmement robuste, plus
rustique même que le Dindon.
Le froid et la pluie lui sont indifférents.
Été comme Hiver, il revient au perchoir qu'il
a adopté, le plus souvent sur une branche très haute, sur un
coin de toit très élevé, et n'en bougera plus, quelque
mauvais temps qu'il fasse.
Sensiblement moins volumineuse que le mâle,
la Paonne est plus douce.
Si elle est en liberté, elle recherche pour
les déposer les endroits les mieux cachés.
Parfois elle pond en plusieurs endroits, afin
de
les dérober au mâle, qui ne manquerait pas de les casser.
Avoir soin de recueillir ces oeufs et de les
rassembler, en en laissant au besoin un dans le nid,
grossièrement établi à terre, que la Paonne se sera préparé.
Ce moyen est employé pour la faire revenir au
même nid.
Mais ils sont trop peu
abondants pour entrer dans la consommation, et c'est la
cause principale qui rend l'élevage
de cet Oiseau peu lucratif.
Lorsque la ponte est terminée, rendez vos
oeufs à la Paonne et mettez son nid à l'abri des incursions
du mâle, qui viendrait la troubler et l'empêcherait de mener
à bien sa couvée.
Elle couve de 28 à
30
jours et, dès le lendemain de la naissance de
ses jeunes, court à la recherche des fourmis,
des petits insectes, de tout ce qui peut fournir
un aliment à sa couvée.
Si le potager est voisin, elle ne
se fait pas faute d'y rendre de fréquentes
visites et de laisser de nombreuses traces de
son passage : les Framboisiers, les Groseilliers
et surtout les Fraisiers l'attirent, ainsi que
ses petits, d'une façon toute particulière.
Au bout de huit jours, les Paonneaux ont les ailes assez développées
pour s'envoler eux-mêmes jusqu'à la branche élevée qui a été
choisie par leur mère pour leur servir de dortoir.
La Poule en effet, se fait fort mal
comprendre des Paonneaux et les abandonne trop tôt.
La Dinde
connaît mieux et conduit moins mal les jeunes.
Forcez, les premiers jours, sur des aliments
animalisés : déchets de boucherie hachés et mi-cuits, vers
de vase, oeufs de fourmis, farine de viande du commerce
incorporée aux aliments suivants, qui forment la base de la
nourriture : farine d'Orge délayée dans du vin, Blé à moitié
cuit, pain rassis émietté avec des oeufs durs et un peu de
salade.
Du Riz cuit et des Oignons finement hachés
sont excellents.
Y ajouter avec avantage quelques feuilles
d'Ortie bien hachées.
Ils sont coureurs, fureteurs et pousseront
ainsi à plaisir pour la plus grande satisfaction de
l'éleveur de ces beaux Oiseaux.
On a prétendu que la plume de Paon portait
malheur.
C'est une superstition, et les superstitions,
comme les légendes, s'en vont.
Puisse celle-ci s'envoler
avec les vapeurs odorantes qui s'échappent de la rôtissoire,
où dore, devant un feu rutilant, la chair succulente d'un
jeune Paon.
Jardins
& Basses-cours - 5 Janvier 1911
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Comment
élever les PAONS.
Le
jeune Paonneau constitue un
Plat de
choix.
Élevage
aussi facile que celui
des autres habitants de la
Basse-cour.
Grande
rusticité.
En
liberté
dans
un parc.
Fournir
une nourriture
fortement animalisée.
La
croissance du Paon est assez lente.
Il
est peu exigeant comme nourriture et mange un peu de tout,
montrant cependant un préférence pour la nourriture
animalisée, vers, insectes, larves, petits reptiles et tout
ce qu'il trouve, en rôdant et en vermillant quand il est en
liberté.
Elle
ne fait qu'une ponte par an, en Mai, d'une douzaine d'oeufs
d'un blanc fauve, tachetés de points bruns et de la grosseur
de ceux de la Dinde.
Les
oeufs ont un goût assez fin.
LIBERTÉ et
RUSTICITÉ

La
meilleure méthode d'élevage est
la méthode naturelle en liberté dans le parc.
La
Paonne se charge de tout, installe son nid dans
le parc ou la partie boisée qui lui est
réservée, dans un coin abrité.
Pour
éviter que les oiseaux et animaux de rapine,
Pies, Geais, Belettes, Renards, très friands de
ses oeufs, ne s'en emparent pendant qu'elle est
à la recherche de sa nourriture, il est toujours
prudent de mettre à sa portée du grain, quelques
vers, un peu de pâtée, dont elle se contente
facilement.
Quarante-huit
heures après leur naissance, les jeunes Paons perchent
auprès de leur mère, qui les transporte doucement sur son
dos jusqu'à une branche assez élevée, où ils sont à l'abri
de leurs ennemis naturels.
Ayez
soin de surveiller l'endroit adopté comme perchoir, la
Paonne, ayant pu oublier un ou deux jeunes qu'il sera
nécessaire de percher auprès d'elle.
Si
vous ne pouvez laisser les Paons en liberté dans un grand
parc, employez la méthode semi-artificielle.
Les
oeufs pondus, confiez-les à une Poule, ou mieux, si
possible, à une Dinde.
Au
poulailler, toute la nourriture est à fournir.
Donnez
le plus de liberté possible aux jeunes.
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